Je
décidai de garer mon véhicule à 5 km, distance de sécurité pour
le récupérer intact, avant de revêtir la tenue de camouflage
réglementaire pour trouver la palombière. Tel le petit poucet, je
suivais les petits cailloux laissés par Lolo quand tout à coup
j'entendis une grosse voix qui disait; "Ca sent la chair fraiche
par ici!". Vite je me cachai au fond du coffre dans lequel
j'étais et je vis passer un ogre. Mais qu'est-ce que je raconte? Je
m'égare, je me suis vraiment pris pour le petit poucet! Désolé!
Donc,
arrivé à l'embranchement du chemin, je siffle une fois. Rien! Deux
fois. Rien! A la troisième, enfin on me demanda le mot de passe.
"Un
Ricard sinon rien!" hurlai-je.
-C'est bon! Tu peux venir mais baisse quand même la tête, on ne sait jamais!" me répondit-on.
N'écoutant
que mon courage et me souvenant de mon séjour à Tarbes chez les
hussards parachutistes, je décidai de parcourir les 50 derniers
mètres à couvert en rampant tel le serpent à l'affut. Après 30
minutes de reptations, quelle émotion chers amis, en pénétrant
dans l'antre de notre ami Lolo le
psychologue/défenseur/bucheron/chasseur/danseuràlaFarfelue.
Description
sommaire des lieux: tenues kaki, de la peinture verte, une bonne
odeur de soupe, la cartouchière suspendue en face du saucisson et à
côté de la gousse d'ail, les réserves de nourriture pour 8 jours,
les 2 chiens sur les fauteuils: un vrai décor de film.
Mon guide me
fait la visite des lieux à travers les couloirs camouflés sous les
branches, filets..... El là, je me dis que j'aurais bien aimé avoir
une cabane comme celle-là quand je jouais à la guerre petit!
Alerte!
Tous aux postes de combat, hurla le général en chef. Et là, chers
amis lecteurs, quelle effervescence dans la palombière! Tout le
monde se rend aux postes de combats, casque lourd sur la tête, fusil
au poing, les batteries anti DCA scrutant le ciel et la sirène
retentissant: "Rrrrrrou, rrrrrrrrrrou, crrrrou, crrou,
crrrou"(ça veut dire venez ici qu'on vous tire dans la tronche
bande de volatiles de malheur en langage palombe). Figurez-vous que
notre ami Lolo parle couramment la palombe. Il me confiait même que
si le langage palombe était une option au bac, il aurait
certainement obtenu une mention. En tout cas, après forces
roucoulements, quelques malheureuses, inconscientes ou suicidaires
palombes vinrent se poser sur un des chênes entourant notre
cachette. Et là, début de l'apocalypse: Pan! Boum! Ping! Cette
scène n'étant pas sans rappeler une des premières scène de
Prédator, quand Arnold Schwarzenegger et ses acolytes tirent en
direction de la jungle pendant 10 minutes, vidant quantité de
chargeurs, tellement qu'à la fin de la scène, une clairière avait
remplacé la forêt!
"Je
l'ai eue! Envoie les chiens!" Aussitôt, je vis débouler de
je-ne-sais-où une meute d'une centaine de chiens suivis d'une
dizaine de gus à cheval en tenue de chasse à courre précédés de
quelques musiciens jouant du cor de chasse. Me tournant vers Lolo
voyant mon air interrogatif, il me dit cette phrase admirable: "Et
oui, ici quand on chasse, on ne fait pas les choses à moitié!"
Mais tout de même, tout ce chambardement pour une seule misérable
palombe! Respect!
Non
je plaisante, en fait, seul un chien suffit pour aller ramasser le
gibier!
En
tout cas, une chose est sure, les adeptes du régime carottes vichy
peuvent se tenir éloignés car je vous garantis que la maman de Lolo
ne va pas vous aider à perdre vos kilos superflus. Le repas fut
abondant et les paupières lourdes en scrutant le ciel. Après une
micro sieste d'environ 2 heures, nous fûmes réveillés par un léger
bruissement d'ailes et là, devant nos petits yeux ébahis, nous
vîmes un vol d'environ 2500 palombes se poser devant nous. Il y en
avait tellement qu'on ne voyait même plus les feuilles des arbres.
Mes camarades dormaient si profondément que je décidai de prendre
les choses en main tout en secouant vigoureusement mon voisin de
droite qui rêvait qu'il caressait miss France en couinant de plaisir
alors qu'en fait il caressait un des chiens couché à ses pieds.
N'écoutant que mon courage, je me mis à roucouler "Crou crou!
Cui cui!" Mon langage palombier n'étant pas aussi évolué que
celui de Lolo, j'avais dit "Partez vite ou vous allez vous faire
massacrer!" Tout le vol repartit sous les regards éberlués des
yeux encore bouffis de sommeil de mes amis chasseurs.
Sur
le visage dévasté de mon ami Lolo, je découvris la masque de la
Tristesse. De grosses larmes commencèrent à couler sur ses joues,
je sentis vite qu'il était temps de prendre congé, d'autant plus
qu'à ce moment précis, une troupe de vététistes menés par Cris
passa au milieu des appeaux en chantant "quand je partais de bon
matin, quand je partais sur les chemins, à bicycleeeetteuuu"...
N'ayant
pas le temps de les prévenir de l'orage de balles qui n'allait pas
tarder à leur tomber dessus, je repartis comme j'étais arrivé, en
rampant, alors que Lolo et ses acolytes ouvraient le feu sur les
infortunés cyclistes. Ces derniers découvrirent à ce moment-là
que l'instinct de survie permet parfois d'échapper à des situations
critiques, et la plupart d'entre eux battit ce matin là son record
d'accélération.
Après
avoir divagué quelques heures pour échapper aux balles perdues, je
retrouvais la chaleur réconfortante de mon camion et je m'enfuyais
sans demander mon reste, avec un sentiment de soulagement proche de
celui éprouvé par les correspondants de guerre envoyés relater les
conflits sanglants du Moyen Orient.
Evidemment,
j'en ai un peu rajouté, ce fut une journée fort sympathique, avec
un accueil chaleureux par des passionnés de chasse. Je n'ai pas eu
le temps de retenir tout le vocabulaire propre aux lieux. Les
expressions, noms de lieux (les arbres portent des noms) sont
extraordinaires .
Il
faudra une autre visite pour retenir toutes ces merveilles.
Suite
au prochain épisode!!!
5 commentaires:
sacré jacouille !!!
cacanou tu as resumé avec force et courage une journée a la palombiere , bravo , par contre tu n'as pas assister au jeter de vettetiste dans le poele a bois !!!!!!
bravo philippe,tu m'as scotché !!!!!!!! il y a bien longtemps que je n'avais pas été absorbé par un tel récit depuis ......... Martine aux toilettes
A Côté JK Rowling peut ranger ses balais aux placards....du grand roman
improbablissime
chris,t'on envie de passer une journée en cet endroit pittoresque ce ressent
t'on intronisation dans cette palombière aura telle lieu?
l'antre de la bête (le chien mangeur de vététistes)et accessoirement rapporteur
de tout être mort ou vif a sont maitre.
tout ceci est improbable!
car j'ai bien entendue t'es essai de roucoulade il est probable q'avec de tel haaarrr!!!! tu finisse bâillonné
t'on ami cacanou a certainement pu lire un livre entier de martine au wc en rentrant de cette journée!!
petos
N'étant pas originaire de ce bon vieux sud ouest et donc non aficionado de la palombière, je connaissais le célébrissime sketch, maintenant le roman, à quand le film???
J'ai hâte
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